vendredi 7 septembre 2012



Mais quel est le crétin qui a eu cette idée folle
D’un jour inventer l’école ?
C’est, c’est, ce sacré Charlemaaaagne, SACRE CHARLEMAGNE !
Fin du couplet ! Le bouffon peut remballer sa barbe  molle,
Ce fils de Pépin, premier roi des Carolos n’a rien inventé du tout !
Si vous voulez prendre votre revanche, il faudra vous tourner vers l’Egypte plutôt.
En sachant qu’il ne manque que votre scud pour, définitivement, déclencher une nouvelle guerre mondiale. Lourde responsabilité quand même.
De nos jours, alors que les papas se gargarisent à l’idée de savoir leur(s) enfant(s), enfin, entre de bonnes mains (Comme si le sport favori des mamans était, deux mois durant, de débiliser l’enfant), les mères sont au taquet et/ou au tapis. Elles courent dans tous les sens. Et courir n’a jamais rapporté un cent !
Résultat, l’homme s’étonne de cette scandaleuse léthargie qu’il juge feinte, et, sarcastique, rajoute souvent : « Tu as de la chance d’être en vacances maintenant que les enfants sont à l’école ».
(Un jour,  j’aurai sa peau)
Messieurs, ceci est un plaidoyer pour que la femme retrouve un semblant de dignité en ce début de mois de septembre. Elle est en souffrance, ayez pitié. Faites semblant, c’est bien aussi.
Savez-vous que pour les plus organisées d’entre nous, la rentrée des classes débute le 1er juillet (oui monsieur, la veille du départ en vacances, ce même jour où elle a du faire votre valise, retrouver votre vieux filet de pêche et rassurer votre maman que vous l’aimez plus qu’elle).
C’est ici que les plus cons d’entre vous me diront avec cette fierté du travail accompli : « Ce qui est fait, n’est plus à faire ! ». No comment.
D’autres femmes, plus rebelles sans doute,  ne s’attèlent à la tâche qu’à la fin du mois d’aout. (Les plus réfractaires attendent carrément le 1er sept. Des masos. Oui j’assume.
Pour toutes celles-là, c’est le début du « mari blues ». Depuis toutes petites, elles l’ont voulu ce mari, l’ont attendu avec tant d’espoir et d’étoiles dans les yeux. Et, maintenant qu’elles l’ont, elles ne savent plus quoi en faire. Rassurez-vous, ça ne dure qu’un temps (A notre tour de faire semblant)
Bref, ce n’est pas le sujet.
Pourquoi, alors que nos bambins sont casés pour 9 mois, pleure-t-on au juste ?
Jugez plutôt.
6H30 : Réveil. En sachant que ça fait deux mois qu’on va dormir à pas d’heure (Ados oblige). Le petit déj. est donc un combat de coqs acnéiques. Généralement celui qui fabrique le plus de sébum gagne la partie ! La mère a déjà capitulé et a chaussé la solaire pour cacher ses yeux las, clos et  bouffis.
Le père ? Are you kidding ? Il a un surplus de travail en septembre, (le temps que l’organisation familiale se mette en place quoi)
7H30 : Le départ. Moment de calme pesant. On a l’image mais plus le son. Bon. Roulons.
8H00 : largage du premier.  Le pauvre, il doit sauter hors de l’habitacle, la voiture en marche. Pas le choix, sinon le suivant sera en retard. Désolé mon poussin, maman te soignera à quatre heures. Moment intense de culpabilité, maman ouvre grand sa fenêtre et crie : « Je t’aime tu sais et pardon pour le stress de ce matin ». Il ne se retournera jamais. Une petite main s’agitera quand même en guise de drapeau blanc. Merci mon cœur.
8H29 : Dépôt de la seconde qui tanne depuis 29 minutes en couinant qu’elle va être en retard. Boule au ventre de devoir une fois de plus se justifier auprès du directeur pour qu’elle n’ait pas une croix dans son journal de classe.
8H32 : Arrivée devant l’école du troisième. A l’aise. Oui sauf qu’il ne commence qu’ 9H00 celui-là. Donc il rempile dans le grognement pubertaire.
Et, il n’est QUE 8h32.
(Un jour, j’aurai leur peau)
10H00 : Au boulot.
De 8H32 à 10H00 ? Oh rien de grave, de simples petits bouchons DE MERDE ! Cette masse engluée de pare-chocs contre pare-chocs est censée représenter mon sas de décompression.  Tendue comme une crampe oui !
En sachant que je dois commencer mon ramassage scolaire vers 14H45, il me reste exactement 5 toutes petites heures pour faire ce que j’ai à faire professionnellement, sans oublier la tonte du gazon, les courses du soir, les prises de rdv chez l’orthodontiste, l’acnéiste, le véto et j’en passe. Et, évidemment, le recommandé à aller chercher pour le mari à la poste qui ne désemplit  JAMAIS.  Tu comprends, il travaille tant.
16H30, Nous sommes au complet. Les langues se délient, ils racontent. Un peu. Presque rien en fait. Je saoule, il parait, avec mes questions. J’interprète donc. Je dialogue seule.
17H00 : CLUB. Oui la papeterie. Le petit scie pour recevoir la collection de cartes Pokémon qui gît là sur le comptoir. (Il faudrait leur coller un procès d’ailleurs, c’est du harcèlement psychologique).  La moyenne fait la grande et achète seule, c’est bien. TOUT  le magasin, c’est bof. Le troisième ? Il continue sur sa lancée et tire la gueule sur la première marche des escaliers en attendant  que sa liste de classe attrape des pattes et accoure, seule et sans effort, dans un sac plastique.
18H00 : Retour maison.
Vite je check mes mails. Il y en a un, récurrent, qui me rappelle toujours à l’ordre, celui de l’homme de la situation. Je glousse.
« Qu’est-ce qu’on mange ? » (Envie de répondre TON CUL)
21H00 : Dîner et devoirs pliés, trousses et classeurs en ordre.
Je peux alors, enfin, commencer à faire ce que j’aime.  Moment chéri.
« Mamaaaaaaannnnnn ? »
« Ouiiii ma pupuce ! »
« T’oublies pas de recouvrir tous mes livres hein, c’est pour demain ! »
Un jour, ils auront ma peau.