jeudi 14 juin 2012

Viens que je t'épingle!




Après la phase dite, d’ «observationjefoncedansletas », voici venu le temps de tirer mes premières conclusions.
Pinterest. A nous deux !
Je m’en vais lui tailler un joli costard. Du « sur-mesure » s’il vous plaît. Un beau petit trois pièces bien bien moulant !
Avant de me jeter dans l’arène, il me plait de vous  préciser que cette analyse est entièrement personnelle. Elle n’engage, de ce fait, que ma pauvre petite personne, affublée il est vrai, de cette énorme mauvaise foi crasse qui lui va si bien. N’empêche, elle aura le mérite d’exister.
Parce qu’à part voir défiler des statistiques sectaires qualifiant les « users », de  desperate housewives  chômeuses de longue durée et, accessoirement, propriétaires de sales mioches qui braillent, ou encore,  des listes aussi longues qu’un rouleau de papier Q, de « Trucs & Tips for « How to boost your Business with Pinterest ? », il y a, il faut bien le dire,  très peu de chose à se mettre sous la dent.
Ah si ! Autant pour moi ! Reste l’énorme problème des « droits d’auteur » sur toutes les images épinglées. (Problème qui restera entier un bon petit bout de temps encore.  Parce que, même s’il se résout par je-ne-sais quel miracle légal impiratable, il ne faut pas oublier que la photo de Mijnheer Van Kraaienbroek par exemple que j’ai, allègrement, piquée dans  son Faceplouc et, sur laquelle gît, Simone (sa grosse truie rose en maillot de bain), va être entièrement customisée par mes soins. Faut que je garde une cohérence esthétique hein moi monsieur dans mes boards !! Non mais, pour qui il se prend lui alors ??? Résultat, je lui pique son image, l’enfourne dans Picasa (même plus besoin de savoir manier Photoshop), j’efface son bête nom avec ma gomme magique. Sa truie me dégoutant moins en noir et blanc, un coup de baguette et hop, la vlà  tout de suite moins moche avec ce beau petit dégradé de gris, assorti à sa mine. Je vais la lomographier aussi tiens, ça donnera mieux, on ne la verra plus. Et tant que j’y suis, boostons les nuances, inversons les couleurs et uploadons  tranquillou la belle Simone Bündchen-Van Kraaienbroek, comme si de rien n’était, dans un de mes albums intitulé « So Lovely glitter shadows of grey » (Les plus fourbes d’entre nous iront même jusqu’à mettre leur petit nom en-dessous de la cochonne). Je n’en suis pas encore là.
Sérieusement, imaginez la gueule de Picasso qui verrait un de ses tableaux entièrement repeint?
« Non mais Pablo t’énerves pas Fieu, ta croute ne matchait pas avec la palette de couleurs de mon moodboard quoi, c’est tout, fais pas chier l’artiste ! Remonte te coucher».
Première conclusion, nous, les Pineuses, sommes toutes des hors-la-loi. (Raison pour laquelle, l’Insivik se sent comme un poisson dans l’eau dans ce nouvel aquarium)
Deuxième gros morceau, votre petit business. Les réseaux sociaux n’ont pas été inventés pour vos beaux yeux mes chéries, vous l’aviez bien compris ça, n’est-ce pas ?
Pamela, dégage ! Tu es bête à bouffer du foin, Tu SORS !
Je disais donc que le but premier de toutes ces (belles) inventions est bien de générer un maximum d’argent avec un minimum d’investissement. Au début, on nous emballe dans du papier cadeau imbibé au formol. Une fois dans le gaz, on nous réveille à coups de matraque, à coups de pub. C’est le jeu. Total respect.
Bref.
Autant je crois comprendre les rouages business de Facebook, autant ici, sur Pinterest, je ne vois rien émerger. Je suis pourtant à l’affût d’une faille dans laquelle les annonceurs pourraient se glisser, mais, à ce stade-ci de son évolution, je ne vois rien de bien relevant à y faire. A part, c’est vrai, pour des produits de niche, tels que le luxe en général, les voyages en particulier et autres colliers en diamants roses pour très vilains Pinshers nains. J’ai beau creuser le problème, je ne vois aucune brèche qu’une vulgaire bande hygiénique « Ténia Lady » pourrait venir colmater. (Faut être un peu poète pour être pineuse. Bluffant, non ?)
Comme j’aime à le répéter à mes clients, ils se doivent d’être présents sur tous les réseaux sociaux qui font mine de percer. (By the way, avant de me faire virer, je tiens ici à les remercier pour leur fidélité) mais, entre nous, c’est un flop total. Je préfère être une pineuse honnête au chômage que d’être une pisseuse malhonnête au charbonnage (je sais, ça ne veut strictement rien dire mais ça rime.)
C’est vrai que leur page est belle et cohérente, une sorte de petite branlette égo-trip à chaque réunion Mktg, rien de plus. Au niveau du résultat maintenant, aucun retour sur investissement. Il n’est pas démesuré, on est d’accord. N’empêche que ça prend du temps d’entretenir sa petite vitrine, de veiller à ce que les photos soient toutes libres de droit, bien alignées, créer des liens avec ses followers, etc.
Qui dit problème, dit solution. Je déteste ne pas être à la hauteur de ce qu’on attend de mon travail, donc je mouline et compile des tonnes d’infos pour tenter d’y arriver et voir ce putain de compteur à followers, grimper.
Deux têtes valent mieux qu’une alors, bille en tête, je me noie dans les travaux d’analystes web et autres enculeurs de mouche (je ne vous demanderai jamais assez pardon pour ma vulgarité) qui clament, haut et fort, dans leurs doux billets, que la première chose à faire pour engendrer du succès, est de relier son compte Pinterest directement à son profil Facebook et/ou Twitter.
En sachant que toute société qui se respecte n’a plus de PROFIL FB mais bien une PAGE, et que les pages ne sont pas accessibles à Pinterest, je dirais : Merci qui ? Merci les kikoulol, PTDR et autres XD (dans ta face)
Le schmilblick est donc en stagnation complète. Les spécialistes produisent même des articles intitulés : Brands on Pinterest : Top ranking ! Most relevant brands on Pinterest : Top 10 !! Parlons-en aussi de ces marques-là. C’est vrai que Gap, Mc Do, Samsonite, Victoria Secrets, Whole food et j’en passe sont, bel et bien, connectés sur le site, mais à quel prix? De jolis boards et pas de followers.  (C’est si bon de se sentir moins seule tout à coup).
Deuxième conclusion, commercialement parlant, c’est pas encore la boite de Pandore. Mais, je suis une indécrottable optimiste, je continuerai à croire, qu’un jour le système se fissurera pour laisser passer la lumière de l’économie mondiale. Affaire à suivre donc.

Troisième pan du costume : Les vicelards !
Comme dans la vie réelle, y en a partout sur cette planète-ci, aussi. Disons qu’ils prolifèrent à une allure vertigineuse. Au départ, on les trouvait, tapis à l’ombre de leur blog décrétant que Pinterest était un site pour ménagère désœuvrée (voir plus haut) et homos refoulés (ou pas).
Cachés, ils nous mataient, sans doute vautrés dans leur canap. Tandis que nous, pauvres petites femmes fourmis, nous  nous évertuions (Chuuut Bescherel, tais-toi) à nettoyer nos petites alcôves visuelles, à les rendre toutes proprettes et pleines d’amour, de bouffe, de déco indigeste, souvent illustrées par de belles photos de femmes au corps parfait (Frustrations vs Fantasmes), et bien eux, comme dans la BD « Le gros dégueulasse » regardent, d’un œil torve mais émerveillé, ces courbes alléchantes de femmes décomplexées, en se grattant le dessous de la couille gauche. Ils auraient pu en rester là, dans leur anonymat. C’était sans compter leur nature de vicelards de bout de clavier (anciennement appelés prédateurs). De parfaits petits amateurs.
Les sondages à caractère féministe, du coup, se revoient tous à la baisse car de plus en plus d’hommes, bel et (trop) bien hétérosexuels cette fois, se sont mis à collectionner des poufiasses beaucoup trop bonnes (permettez-moi d’emprunter ici leur ignoble expression) qu’ils classent par organes plus ou moins développés. J’appelle ça des cages à poules. (Qui me font rêver mais mon statut de ménagère de presque plus de 40 ans me l’interdit formellement)
Et dire que nous avions trouvé le seul terrain sur lequel les brownies double caramel ne faisaient pas de mal à notre culotte de cheval, vlà qu’ils arrivent avec leurs canons de beauté qui nous étouffent déjà tant dans le quotidien. PFFFFFF, sale temps pour les mouches mes cocottes. Plus qu’une chose à faire, piner en pédalant. Et c’est reparti, Et 1,2,3 …
Je ferai donc, ce soir,  un appel solennel à tous les hommes de goût qui aiment le rêve, (sans rêver de cul pour autant) à venir relever le niveau avant que Pinterest ne porte, finalement que trop bien son nom.

J’aurais aimé approfondir une dernière observation, somme toute bien plus sérieuse. Je le ferai dans une prochaine note car le débat serait, pour l’heure, bien trop long. Je vous mets, quand même, au parfum.
Plus j’épingle du rêve dans mes albums, moins il me fait de l’effet. Il m’écœure même parfois. Trop de rêve tuerait-il le rêve ?