lundi 9 janvier 2012

L'Afrique. La vraie. Une piqûre, un rappel.































Tout se fait ici, comme le temps, vélocité abolie. Qui bouge dérange. La menace du vide saisit alors le blanc soucieux hors de ses repères. Il laisse le plomb laiteux se poser sur sa nuque et l'humidité poisseuse coller à sa peau. L’oppression, dense, un instant évincée par une boisson trop glacée, revient, sourde et efficace. Il y a avec cela une menace dans ce calme profond, cette paix acquise: l'oubli. Le pied ne marque pas sur la latérite. Il faut une farouche curiosité pour sortir de cette torpeur, mais si l'oeil travaille au défrichage des visages, à la découverte des horizons sableux, des cérémonies occultes, alors l'Afrique se réveille et danse avec la poussière. Elle n'est pas seulement un bavardage matinal, une présence soudaine, c'est un cri, un témoignage des origines. Le rire cache la violence, la vie séduit la mort. Le désert oblige à l'essentiel, le regard se perd. Il n'y a aucune frontière à l'imaginaire. Seules parfois le soir, les ombres dessinent sur la dune des formes reconnues et la pensée égarée revient au bercail des hommes.