dimanche 18 décembre 2011

Tire-fesses ou château de sable?





Depuis longtemps, Pour moi, l’affaire est pliée : tire-fesses jusqu’à ma serviette de plage. Point barre.

Je déteste les sports d’hiver, je hais la montagne.
Encore un de ces petits bonus de femme séparée à savourer, à chaque saison d’hiver. Aussi divin que l’absence de noël dans la belle famille, c’est vous dire, le nectar ! Les amants, eux, n'ont même pas droits au chapitre! Ah ces femmes modernes quand même, toutes des hyènes! Je confirme.
BREF!
En vacances, Je ne veux plus jamais être arrachée de mon lit à 8H00 du mat pour être certaine de profiter de la première remontée mécanique. Genre : retour sur investissement. Connard !
Scandaleusement paresseuse, une journée à la montagne parfaite aurait été : 13H00 pile, première et dernière remontée m’enfiler une fondue aux cèpes et  son tout p’tit cruchon ! 14H00 : Descente précoce pour une énorme sieste duveteuse, carrément à poils à même la plume. Un fantasme de 16 années, jamais réalisé.  Jugez plutôt.
8H00 : Agression du réveil. Le même qu’à la maison. Dépaysement garanti.
9H00 : faire la file avec 1000 autres goldoraks au pompon éclatés et lèvres chaulées à attendre le funiculaire. A ce stade-ci déjà, je ne sens déjà plus mes orteils. Je le dis et me fais engueuler : t’as qu’à arrêter de fumer, ta circulation sera meilleure !  Il est pas encore 9H15 du mat, qu’on est généralement à la 10ème prise de têtes conjugale. Oh le gros Connard !
Les sports d’hiver représentent un tel traumatisme pour moi, que j’ai poussé le vice à les coucher dans mes conventions de divorce. MAMAN NE REFOUTERA PLUS UN SEUL PIED SUR UNE LATTE, en gros, gras, souligné et italique. Le papa des enfants s’en chargera.
Je ne suis pas idiote. J’avais bien prévu  l’emballement complet de  la première année. J’avais tout misé,  sur une négo corsée en année 2.  (Fallait pas s’appeler Irma, quand monsieur-connard allait voir le boulot que c’est d’habiller 3 enfants, les faire déjeuner, monter 4 paires de ski sur son dos, pour, enfin arriver au point de ralliement de l’école de ski et entendre le petit dernier pleurnicher parce qu’il a pissé dans sa combi. C’était couru d’avance, je ne prenais aucun risque de perdre mes enfants deux vacances scolaires d’affilées.
Comme prévu,  après les premières, monsieur a négocié, unilatéralement, qu’il partirait dorénavant avec des potes, il s’était rendu compte que j’avais autant le droit que lui d’avoir des vacances d’hiver avec ma progéniture. Méga-Connard.
Donc, retour case départ. Je dois sérieusement envisager de réattaquer la montagne de plein fouet. Et merde !
Bon, commençons par les valises.
Je déteste les minibus, je n’en ai donc pas.
Et comment qu’on fait pour amener 3 enfants aux sports d’hiver avec tous leurs matos ? Ah oui, parce que Méga connard ne s’est pas arrêté là, il a offert tout le matériel  dernier cri aux 3 enfants, 3 combis doudoune gonflées à l’hélium, 27 paires de chaussettes aussi grosses que des moutons, des surfs que j’ai pas du tout envie de défixationner  (Grevisse, fais pas chier stp !)  parce qu’après être enfin arrivée là-haut, je n’aurai pas les nerfs de jouer à miss Bricola à 3H00 du mat. Encore moins à 8H00. (Les enfants ont tous piqués les gênes du père en ce qui concerne le retour sur investissement !) et je passe les paires de Moon-boots, (de ficelles devrais-je plutôt dire. Jamais compris ces bottes de neige qui ont une ficelle de 2 km pour un tour de taille de 20 cm ! C’est vrai qu’en année 1, elles tiennent la forme, en année 2 tu as la mousse blanche de la botte qui sort de sa capote et un fil qui traine par terre et qui prend l’eau. Année 3, elles ont empestés tout ton grenier mais la veille de partir aux sports d’hiver, tu les fous à la poubelle, excédée de devoir trimballer ces puanteurs  et tant pis pour l’avion de chasse que vont couter les nouvelles achetées directement sur place).
BREF !
Pour faire court, j’ai dit aux enfants, cette année, maman invente un nouveau type de valise : le sac poubelle ! Tu mets tout en bouloche dedans et tu bourres la voiture. Une fois la dinde farcie, tu t’élances sur la route des vacances. Et je ne m’étendrai pas sur l’allure interne de ladite bagnole  à l’arrivée dans la station. La dinde est restée fourrée mais a, en sus, une odeur de « boite à tartine perdue un 1er septembre et retrouvée intacte le 30 juin de la même année scolaire).
Sinon, c’est vrai que la route s’est bien passée si on ne compte pas cette infernale habitude qu’ont, les Suisses, à ne foutre qu’une station essence/pipi/bonbons/cadeaux, tous les 2OO kms.
BREF !
Nous arrivons enfin dans la vallée. Généralement, les premiers flocons nous accueillent (et merde j’ai pas de chaîne, on va compter sur le bol)
De toute façon faut choisir. C’est,  la gerbe du fiston à chaque tournant (et c’est très long quand ça pue !) ou l’absolue nécessité de trouver des chaînes dans la vallée, là et maintenant ! Après 9H00 de route dans les jambes, une misère. Cette année, contre toute attente, ce fut tout autre chose (Ah ces enfants sont plein de surprises quand même!) j’ai eu droit à une otite carabinée chez mon petit dernier qui a donc pleuré toute l’ascension de cette putain de montagne de merde.
BREF !
Nous voilà arrivés en haut. Youpiou ! Les vacances commencent.  (Après avoir éventrés les 18 sacs poubelles par terre et dans l’urgence pour trouver le Junifen, bien entendu)
Cette première nuit est, à vrai dire, la meilleure. Epuisée, je m’endors toujours, comme un bébé.
Trêve de très courte durée. Le lendemain matin, dès mon premier œil ouvert, je manque d’air, j’étouffe, je pleure la sècheresse de mon nez, je ventile, jump alors hors de mon lit, ouvre grand la fenêtre espérant trouver le bon air de la montagne, tombe face à face avec un rideau épais de brouillard, je ne vois pas à 2 mètres, je vais crever,  reclaque la fenêtre, suffoque, sors de ma chambre, vois mes trois louloups, la mine épanouie,  fin prêts en combi, bonnet, moufle,  déjà chaussés sur leurs surfs  (mais dans le salon !) et, les sacs poubelles toujours autant éventrés que la veille, qui jonchent le sol. En cœur, ils crient, on y va maman ? Deux minutes les enfants,  je reclaque la porte, plonge dans mon lit, pleure en silence et répète tout doucement : « maman, viens me chercher ». Ma mère ne viendra pas.
A ce moment-là, tu as le voisin, (qui doit sans doute être le cousin de sa femme parce qu’il porte le même nom de famille que la moitié du village) qui vient nous saluer, sans transition aucune, le dégénéré reste devant la porte et moi, je regarde mon ventre, j’ai encore rien bouffé qu’il  est déjà gonflé comme les paquets de chips de chez Coop. J’ai envie de mourir.
Les enfants n’ont pas encore été skier que j’ai déjà l’odeur de leurs chaussettes marinées, greffée dans le pif. Et, comme seule récompense ?  Je vais bouffer de la queue aujourd’hui, aux abonnements, aux cours de ski, au ski shop, à la superette et, au resto d’altitude aussi, une bonne cervela frites s’il vous plait (Ou jour de grande chance, la fameuse schnitzel).
Et je devrais appeler ça,  des VACANCES ?
C’est une caméra cachée ou quoi ?