jeudi 6 octobre 2011

[Ma planète tête]



Petite, la dyslexie m'a sauvée. 
Fiction ou réalité ?
Quand on est (naît?) dyslexique,
On inverse.  On omet. On remplace. On fait des culbutes, vers l’avant  et en arrière. On se plante. On se rattrape. On se ridiculise. On est Le clown. On fait rire. On fait pitié. Alors, On pleure. On souffre. Trop différent.
On patauge. On nous montre du doigt. On a honte. On enrage. On reprend son souffle. On se concentre. On transpire. On réessaye. On travaille, toujours plus. On rattrape, parfois. On bute, souvent. On rechute toujours. On se fait huer. On nous lance des craies. On se tait. On s'enferme. On rate. On est les cons.
Alors, on triche. On apprend par cœur. On récite. On trime. On sue. On s’use. On ne comprend rien. Mais, on tient bon.
Un jour, on trouve. On bifurque. On contourne. On échafaude. On transpose. Chaque phrase devient image. Les mots deviennent pixels. Et, On retient, enfin. On ne lit plus. On associe.
Dans sa tête, on dessine. On colore. On enlumine. On embellit. On imagine. On rêve. On fantasme. On s’évade. Enfin.