vendredi 7 octobre 2011

C'est quoi l'Amour?



M :…
L : Le bonheur n’existe pas.
M : Les moments heureux, bien.
L : Oui mais ils font mal
M : Non. Pas lorsque tu sais d’emblée, qu’ils ont une fin.
L : Moi j’ai mal de les voir s’en aller.
M : Alors pars, juste avant d’avoir mal.
L : Non
M : Tu as peur du néant qui va suivre.
L : Non
M : Si. Le néant est divin. Il est la préparation au prochain élan. C’est l’heure de s’occuper de soi.
Le couple, c’est de l’autre qu’il faut s’occuper.
L : Tu es forte
M : C’est ce qu’on appelle l’expérience de la douleur, je suppose.
J’en connais le cycle infernal. Seulement, je sais qu’il y a, toujours, un après. Et donc, toujours, un avant. Un suivant.
L : Je te croyais passionnée. Pas aussi réfléchie.
M : Je suis une amoureuse de l’amour. Je prends, je vis, je pars (sans réfléchir. Sauf pour le père de mes enfants, là je n’étais pas seule à bord). J’ai la chance d’être fidèle. Mes histoires durent longtemps. Mais arrive toujours le jour où, la respiration de l’autre fait trop de bruit. Où l’imagination de l’autre devient trop vide. Où la passion de l’autre se fait trop rare, où mon désir de lui devient trop capricieux. Ce jour-là, il faut s’armer de courage et nous libérer.
Je pense que dans ton histoire, toi, tu en es là. Peut-être ai-je tort ?
L : Peut-être. Que vais-je devenir si elle rencontre un autre homme ? Je ne le supporterais pas
M : Voilà, on y est. La possessivité. De la merde.
L : Oui. De la jalousie.
M : Ce qui a de pire pour moi. (Et c’est une ancienne jalouse maladive qui te parle)
L : Je suis comme ça.
M : Change alors. Fais-toi violence. Mais change sinon tu n’y arriveras jamais.
L : Tu crois ?
M : Je n’ai pas beaucoup de certitude. Mais celle-là en est une, oui.
Je vais te raconter une histoire. Vécue. Je suis tombée très amoureuse d’un homme marié. Un jour, au creux de l’oreille, je lui ai demandé de me parler de sa femme, envers laquelle je n’avais aucun grief évidemment. Il semblait gêné. Ça m’a énervé. J’ai insisté. Il s’est énervé. Il aimait sa femme. Je lui ai dit le comprendre, que moi aussi. Il m’a traité de cinglée. Je me suis expliquée. Sa femme respirait ce que j’aimais chez les femmes (je ne l’ai vue que sur photos), déjà. Ensuite, je lui ai dit qu’il ne pouvait en être autrement étant donné que j’aimais la même chose qu’elle, lui. Il n’en revenait pas. Il est parti, croyant que je ne l’aimais pas assez. Sa femme, possessive, démontrait plus d’attachement. C’était une preuve d’amour pour lui.
L : Je le comprends
M : Je m’en doute. C’est vous, les cinglés. Avec du respect de toutes parts, moi je pourrais partager.
L : Tu es folle
M : Non. C’est toi qui es con. Je n’appartiens à personne. Personne n’est à moi. Je veux rester libre de rester. Je ne donnerai tout qu’à celui qui ne me demandera rien. C’est, je crois, comme ça que ça marche.
L : Question : Crois-tu à l’amour d’une vie ?
M : Oui, sans hésiter.
L : Donc tu te vois rencontrer quelqu’un aujourd’hui et faire le restant de ta vie, à ses côtés.
M : Evidemment. Je vis par, pour, grâce, à cause de, à travers l’amour.
Mais pas n’importe lequel. Je ne suis pas bon publique. Je suis exigeante. Et extra-lucide.
C’est pour cette raison là que je suis seule. Pour aucune autre.
Beaucoup pensent que c’est par peur d’avoir mal. Faux, quand j’aime, je suis une kamikaze. Je donne tout. Je n’ai jamais peur de me faire sauter le caisson vu que je sais qu’il va sauter.
L : Donc tu n’imagines pas faire toute ta vie avec la même personne, c’est que je disais. Tu te contredis.
M : Non. Tu ne poses pas les bonnes questions ;-)
Je pense qu’il y a des rencontres. Si deux personnes sont hyper sexuelles, ça pètera, à coups sûrs.
Mais si deux personnes se passionnent,  intellectuellement et que le sexe est divin mais accessoire, alors ça peut le faire. Le sexe est au couple ce que l’argent est à la vie. Le désir de sexualité s’étiole. La soif de partage intellectuel, non.
Tout cela est tellement inhérent à la personnalité de chacun qu’il suffit d’une seule rencontre. Et j’y crois dur comme fer. Mais il est possible par contre de ne pas la rencontrer, toute une vie durant.
L : Tu parles d’un amour de gens supérieurement intelligents (et rasoirs sans doute aussi).
M : Oui. Oui et oui. Je ne bande que pour l’élite. Et non, non, non, les gens curieux ne sont jamais rasoirs. Pas confondre avec les intellos psychorigides.
L : Tu parles comme ma mère
M : Quel âge ?
L : 70 ans
M : J’aime les personnes plus âgées. Ça me va.
L : Mais tu aimes tant le sexe
M : Oui. Et ?
L : Ça colle pas.
M : C’est que je n’ai pas réussi à me faire comprendre alors.
L :…