jeudi 25 août 2011

Tranche de vie. (Très courte)



14 :15. Je digère mon déjeuner, je zone, je m’emmerde donc je travai...Facebook. Jumelles aux poings, rien à signaler.  Complètement agonisant, le profil. Tout y est stérile. Les nouveaux nés (élevés au Mustela) des uns, me renvoient en pleine figure que mes ados (hermétiques à l’hygiène) puent déjà des pieds. Les photos de vacances des autres me rappellent l’ignoble inexistence des miennes. Sans parler de ces photos de caves inondées qui, sans scrupule, narguent ma situation financière, fustigeant mon incapacité  à m'offrir une cave. Et, la maison qui va avec. 
Rajoutez à ce marasme ambiant, une mauvaise foi crasse à ne plus souhaiter aucun  anniversaire aux jubilaires du jour qui attendent leur minute de gloire. Je n’ai jamais pu les encadrer de toute façon. Vraiment Facebook et moi, y a rupture. Peut-être devrais-je consulter?

14 :16 : J’allais passer à MégaPorn (Ben quoi? Juste après le déjeuner et juste avant la sieste, ça me paraît propice comme momentum) quand, tout à coup, une image, presque subliminale, pour ne pas dire libidinale me sauta aux yeux. Une bête petite photo d'un homme qui passe, comme ça, pépère sans crier gare. Vous savez, les fameux « people you may know ». je replante mes yeux sur son torse, le bas de mon ventre cria famine. J'avais compris. L'animal en moi venait de bouffer la sainte Nitouche.
Je regardai à gauche, puis à droite. Incognito, je suis. Illico, Je (triple) clique en plein dans le mil.
OUI, oui, y a du poil! Plein de poils! Et, accessoirement, une tête. Jolie avec ça. Non, une tignasse plutôt. Arghh, je vois pas bien, la photo est trop petite!! Je peste mais, tant pis, ma vue s'adapte, s'aiguise. Mes babines s’auto-pourlèchent (divin, je vous le conseille), l’hystérie me creuse les reins, j’en veux plus. Aller y coller mon nez juste une petite seconde pour humer son dessous de bras, pouvoir le laper à gorge déployée. Faire reluire ce poil rebelle. Ouiii, je sens que ça vient.
TU PARLES!! La photo doit faire 5 cm de côté. Je pourrais, tout au plus, m’en coller 3 sur la langue, c'est tout !
Frustration de merde. Le ventre se détend, la rage s’en mêle. Mon corps s’affole, se met en branle. Mes veines gonflent, mes cils balayent le trop plein de buée. Mes yeux se plissent, ma bouche s’assèche. Je suis en rut.

14:17 j’ai une terrible envie de me faire prendre, sauvagement par la bête. Ici et maintenant. Je crie son nom dans l’intersidéralité de mon bureau. Aucun écho. J’avais presqu’oublié: la bête n’est ni un fuck friend, ni mon voisin de palier, veuf, Geek et chômeur.
Mais je fais quoi moi alors? 
Ben on se masturbe, il paraît.
STOP ! Qu’il est laid ce mot quand même. MASTURBER, ça me fait penser à des gens à la masse qui se turbinent. Beaucoup trop moche pour ma si jolie petite chatte. Et si je lui relubrifiais son petit blason à cet infâme verbe? 
Casanova utilisait bien, le mot Manualiser. Y a du poème là-dedans, vous ne trouvez pas ? Ca me convient d’autant plus que j’ai toujours banni l’intromission perverse d’un quelconque anatidé jaune pisse dans mon intimité la plus secrète, pas plus que tout autre objet en caoutchouc ou plastique thermocollé d’ailleurs, de forme phallique en sus et au couinement aussi romantique qu’une tondeuse à gazon débridée. Merci pour la concentration. Je vais pas me mettre à sniffer du Guronzan à chaque pulsion sexuelle non plus! Alors, va pour la manualisation avec les mains donc. Heuu les doigts. Ohhh, et puis chacun occupe l’espace comme il peut, merde!