samedi 20 août 2011

Percepción y realidad

 Portrait de Jorge Luis Borges
Autoportrait réalisé par le poète

Mon grand-père me regardait comme aucun homme ne m'a jamais regardée. Et pourtant il était aveugle depuis l'âge de ses 21 ans.
Une tendresse enveloppante.  Des yeux souriants. Des mains caressantes et bienveillantes. Un regard plus profond que n'importe quel autre voyant.  
Depuis, ces regards-là me poignent, me bouleversent.
Pourquoi ces regards "morts" ont-ils cette profondeur? Parce que le vide EST profond, m'a répondu un ami pas plus tard qu'hier. Il a raison (je n'y avais jamais pensé) et, pourtant,  je ne peux m'y résoudre, préférant croire que ces regards recèlent un secret. 
J'adore les secrets. 
Aujourd'hui, je décide de partir à l'aventure. Découvrir ce que ces yeux-là ont à me dire.
Mes premières recherches sur le sujet m'ont conduite vers un homme que j'apprécie particulièrement, Jorge Luis Borges. Ecrivain et poète Argentin. Aveugle, lui aussi.
Outre la profondeur de son regard, j'ai été frappée par un autoportrait réalisé dans les années 20.
S'est alors posée la question de la perception qu'a la personne mal voyante, de sa propre image. 
D'un côté, il y a ce portrait qui reflète la réalité des voyants. De l'autre, ces quelques traits de feutre noir qui délimitent la propre perception dudit sujet. Où se trouve la vérité?